Παρασκευή, 3 Σεπτεμβρίου 2010

Le délire de filiation



Le délire de filiation
Kyvelou Evangelia [2001]
Msc Psychologie Clinic et Pathologie



Dans les chapitres précédents nous avons essayé d’éclaircir les notions de filiation et de délire chez les sujets psychotiques. Nous avons constaté que le sujet entre dans le monde symbolique par la filiation et nous avons remarqué que pour le sujet psychotique, ce monde est forclos. Néanmoins, ce qui est forclos au niveau symbolique fait retour dans le réel.
« Si le Nom-du-Père ne surgit pas là où il était attendu, il s’ensuit chez le patient psychotique une série de remaniements d’éléments symboliques bouleversant les repères habituels de l’espace, du temps et surtout perturbant les représentations relatives à sa filiation. »
Mais qu’est-ce qui pourrait représenter la filiation pour le sujet psychotique ?
Le sujet psychotique nie la différence des sexes et le coït parental, car la différence des sexes et l’identification du sujet à son propre sexe se situe dans le complexe d’Œdipe.
Le sujet psychotique qui n’atteint pas ce stade ne peut pas manier son origine au niveau symbolique. Il se trouve face à une question qui lui reste énigmatique.
Comment le sujet réagit-il, donc, face à cette énigme ?
En cherchant une réponse à cette question, le sujet construit un délire qui, assez souvent, aboutit à un délire de filiation.
Nous citons François Marty :
« La pensée délirante vise donc à répondre à la question et aux énigmes de l’origine [celles qui concernent les conditions concrètes et naturelles (biologiques) de la naissance]. Habituellement, elles engagent l’enfant à questionner ce qu’il en est de sa place et de sa conception par rapport à ses deux parents. Mais chez le psychotique, elles le conduisent à se donner une réponse, en forme de délire. Les thèmes relatifs au corps et à une filiation délirante y sont si prégnants qu’ils laissent envisager que le délire « s’origine » dans l’incapacité de penser l’énigme de la conception et qu’il est, en fait, délire de l’origine» .
Dans cet effort du sujet psychotique de donner une réponse à l’énigme de son origine, nous observons assez souvent qu’il « crée » un délire de filiation.
Dans la chaîne des signifiants où, pour le sujet psychotique, le signifiant paternel est forclos, la restauration d’un délire de filiation peut en quelque sorte le suppléer car la notion de filiation renvoie au Père et à sa Loi, c’est-à-dire à la limitation du sujet.
La « justification de ce que nous appelons Loi pour l’humanité n’est rien d’autre que la notion de filiation. »
La notion de filiation est conjointe à la Loi et celle-ci, à la notion du Père Primitif.
La construction délirante d’une figure paternelle apaisante peut aider le sujet à diminuer notablement son angoisse provoquée par l’absence du signifiant du Nom-du- Père.
« Il existe des constructions délirantes qui apaisent considérablement l’angoisse du sujet. »
A travers le délire de filiation, le sujet psychotique fait un effort de communiquer sa carence paternelle en délirant ponctuellement sur sa filiation, qui ne peut avoir de sens symbolique.
Dans la perception de toute-puissance du sujet psychotique, dans ses essais de reconstruire le monde, il arrive à construire sa filiation.

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Problématique sur le roman familial du névrosé et le délire de filiation du sujet psychotique
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