Δευτέρα, 1 Μαρτίου 2010

Le déclenchement psychotique pendant l’adolescence

Rene Magritte 1949
Le déclenchement psychotique pendant l’adolescence
Kyvelou Evangelia [2000]
MSc Psychologie Clinique et Pathologie

Nous avons développé auparavant la crise de l’adolescence et les difficultés que l’adolescent a à faire face pendant sa maturation. Nous avons aussi souligné que la pathologie que le sujet présente dépend de sa structure, soit névrotique soit psychotique . Cette structure pathologique ne pouvait pas être présente avant la manifestation d’une crise aiguë, pathologique. Pendant l’âge infantile, nous pouvons remarquer des signes pathologiques ; mais nous ne pouvons pas parler de psychose mais plutôt de « prépsychose » .
Nous nous interrogions donc, pourquoi la psychose ne se manifeste pas pendant l’âge infantile et s’exprime pendant la période de l’adolescence.
Jacques Lacan dans son Séminaire III, pose les questions « Qu’est-ce que le début d’une psychose a-t-elle comme une névrose, une préhistoire ? Y a-t-il, ou non, une psychose infantile? » .
Lacan répond que « Tout laisse apparaître que la psychose n’a pas de préhistoire. Il se trouve seulement que lorsque, dans des conditions spéciales qui devront être précisées, quelque chose apparaît dans le monde extérieur qui n’a pas été primitivement symbolisé, le sujet se trouve absolument démuni, incapable de faire réussir la Verneinung à l’égard de l’évènement. » C’est le démunissions du sujet du signifiant du Nom-du-Père dans la chaîne signifiante qui se traduit dans un autre registre, par une réaction de la chaîne signifiante, au niveau de l’imaginaire. Le sujet est incapable de substituer la médiation symbolique des utiles situations dans l’adolescence qui renvoie au complexe d’Œdipe et par conséquent au père symbolique. Dans le cas du sujet psychotique, la métaphore ne fonctionne pas.
Anny Cordié dans son livre Les cancres n’existent pas, à la même question répond que « le statut même de l’enfance protège le sujet de l’éclosion psychotique et de ses manifestations » .
L’enfant est protégé par le lien familial. Les parents sont responsables du mondus viventi de l’enfant. C’est eux qui décident à leur place. Par contre pendant l’adolescence c’est le sujet qui prend la parole pour les décisions qui le concernent.
L’adolescent doit abandonner le statut qui fonctionnait jusqu’à ce moment-là et doit rencontrer une autre situation. Il est obligé des faire des choix. Ce travail présuppose la capacité de symbolisation, laquelle s’associe au refoulement. Si la métaphore paternelle n’est pas opérante durant l’enfance, le sujet vient face à son vide et peut donc, déclencher la psychose.
Mais comment se déclenche-t-elle la psychose ?
J. Lacan dans l’article D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose affirme que pour que la psychose se déclenche, il faut que le Nom-du-Père soit forclos, c’est-à-dire le Nom-du-Père ne vient jamais à la place de l’Autre et il ne se trouve jamais au champ du Symbolique pour le sujet. Pour que la psychose se déclenche, il faut un appel au Nom-du-Père et une absence de réponse !
« Mais comment le Nom-du Père peut-il être appelé par le sujet à la seule place d’où il ait pu lui advenir et où il n’a jamais été ? Par rien d’autre qu’un père réel, non pas du tout forcément par le père du sujet, par Un-père » Ce Un-père peut être n’importe quelle figure qui renvoie au Père de la triade Mère, Père, Enfant. Il peut être un appel sexuel par un individu plus âgé ou la rencontre avec la loi sociale ou le mariage avec une personne qui possède la place de l’idéal. Il peut être aussi un échec scolaire ou, au contraire, un succès scolaire.
Quand nous recherchons la cause du déclenchement psychotique, nous nous trouvons devant des divers évènements impliqués. En plus, nous pouvons observer que « pour un même sujet les mêmes événements tantôt se révèlent pathogènes tantôt ne le sont pas » Jean - Claude Maleval commente la thèse de Lacan : «On ne saurait affirmer, comme le font certains, que la condition nécessaire et suffisante pour qu’une psychose se déclenche réside dans la rencontre d’Un-Père en position tierce dans un couple imaginaire. En effet, il s’agit d’une condition peut-être nécessaire, mais assurément non suffisante. »
La conjonction d’un autre facteur ou la simple concomitance de ceux-ci avec le facteur fondamental de la non réponse du champ d’un Autre, est une condition fréquemment rencontrée.
J. Lacan dans son Séminaire III, Les Psychoses, désigne comme facteur déclenchant de la psychose « ce qu’on appelle prendre la de parole » Il dit « Quelquefois, continue-t-il, s’agit d’une très petite tâche de prise de parole, alors que le sujet vivait jusque-là dans son cocon, comme une mite »
L’adolescent est invité de prendre la parole par les camarades, par la loi sociale, par les pulsions sexuelles sur son corps, lesquelles demandent satisfaction en choisissant un objet. L’adolescence réveille au jeune sujet, les questions concernant sa sexuation, ses origines, son identité. Le sujet se met vis-à-vis de changements de son corps, de sa vie, de sa mort, de son sexe, de ses origines. C’est le moment d’ accomplissement de l’ « être ». C’est le moment d’appel d’Un-Père dans des diverses configurations.
Des enquêtes statistiques, montre que plus de 70% de la schizophrénie a un premier épisode morbide avant l’âge de 25 ans. Dans les travaux psychanalytiques souvent nous rencontrons des déclenchements psychotiques dans l’adolescence. Nous rencontrons aussi des névroses obsessionnelles et des perversions avec une grande fréquence lors de la post-puberté. La plupart des pathologies de l’adulte se présentent à ce moment de la vie.
Nous allons illustrer deux exemples des adolescentes psychotiques tirées par les analyses de François Marty.
Le premier cas est celui d’Isabelle , une adolescente qui a tué son père et sa mère.
Isabelle sortait avec un garçon qui avait dix ans de plus qu’elle. Son père la menaçait de tuer son ami si elle ne renonçait pas à cette relation. Isabelle a répondu que si son père continu ses menaces, elle se suicide. Son père lui dit que si elle se suicide, il va tuer son ami. « Pour solutionner le conflit né de cette relation amoureuse et tenter de sortir d’un enfermement d’allure incestueuse, Isabelle a trouvé une issue de même nature que les moyens habituellement employés par la famille pour régler leurs différends. »
Un jour, elle est rentrée dans la chambre des ses parents et elle a tué ses parents durant leur sommeil. Isabelle est passée à l’acte.
Le deuxième cas est ce de Pierre Rivière. François Marty, dans son livre Filiation, parricide et psychose à l’adolescence, en analysant le cas de Pierre Rivière, adolescent psychotique du siècle d’avant, il écrit : « Pour lui, la Vérité était unique et impartageable ; les problèmes ne pouvaient avoir toujours qu’une seule solution. Il vivait dans le mythe de l’Un » . Cet «Un» est un élément réel, isolé, déconnecté qui surgit hors du champ symbolique du sujet.

Conclusion


Au long de cette recherche, nous avons défini l’adolescence comme l’étape entre l’âge infantile et l’âge adulte. Mais quand est ce que commence l’âge adulte ? Les diverses doctrines humaines approchent le sujet adolescent par une perspective différent.
Pour les sociologues la maturation de l’individu est en conjonction avec son identité sociale. Les biologistes s’intéressent aux transformations corporelles.
Les anthropologues appuient leurs observations sur les différenciations des civilisations qui comprennent l’initiation du futur adulte (voir Samoa) et les civilisations occidentales. Ils considèrent la notion d’adolescence comme un produit d’absence d’initiation infantile au monde adulte.
En tenant compte de grands changements et de leurs conséquences au niveau corporel, ainsi que les influences sociales auxquelles un enfant est soumis pour devenir adulte, nous avons démontré les grands changements du psychisme des jeunes hommes.
En tout cas, l’état que nous appelons adolescence ou puberté, est caractérisé par des changements et des déséquilibres.
Nous nous sommes interrogés si l’adolescence est un facteur de déclenchement de la psychose. Nous avons répondu que toutes ces « métamorphoses » physiques et psychiques, qui ont eu lieu pendant la puberté, peuvent déclencher non seulement une pathologie aussi grave que la psychose, mais aussi toute pathologie non manifestée jusqu’à ce moment là.
Nous supposons que la différence entre la structure névrotique et la structure psychotique a ses bases au complexe d’œdipe.
L’adolescence amène le sujet à une régression au stade oedipien. Le sujet qui n’avait pas la chance de passer par ce stade, une fois devant les changements qui sont issus de l’adolescence (voir l’appel au père) peut déclencher une psychose.
Nous avons aussi abouti aux questions suivantes : Comment se déclenchent-ils les psychoses infantiles voir autisme ? Quand ? Est ce-que la structure de sujet préexiste même avant de sa naissance ?
Est-ce que la condition oedipienne rencontre la filiation et l’inscription dans la généalogie, même avant l’accouchement ? C’est la problématique qui a surgit de notre recherche.
Nous concluons par écrivant que l’adolescence est une étape critique de la vie de chacun de nous. La seule façon de comprendre les adolescents est de se souvenir de notre adolescence, de nos difficultés de communications avec nos parents, nos professeurs, le monde adulte, notre angoisse devant les examens scolaires, nos pulsions éveillées mais aussi notre besoin de sécurité que les limites de notre famille nous attribuaient.
Les adolescents psychotiques ont plus besoin de cette sécurité. Une cure aussi tôt commencée - avec un thérapeute bien prudent - peut tout d’abord, aider l’adolescent d’échapper d’une hospitalisation et de ses pénibles conséquences. Ceci peut aboutir à une amélioration de la vie de la famille. Sans pouvoir assurer que le sujet ne va pas se reculer, la cure peut donner au patient une décharge de sa souffrance et éventuellement une stabilisation qui peut lui permettre une vie assez près de la normalité.






Bibliographie


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Jacques Lacan et la forclusion
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Sigmund Freud et le Verwerfung

Le concept d' adolescence dans l' histoire

Adolescence
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Sigmund Freud et l’adolescence
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Le stade de miroir et l’image inconsciente du corps
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La différence entre névrose et psychose
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