Σάββατο, 27 Φεβρουαρίου 2010

La filiation



Filiation
Kyvelou Evangelia [2001]
Msc Psychologie Clinic et Pathologie


Dans l’Encyclopaedia Universalis France nous trouvons la définition suivante :
« La filiation est une construction normative qui assigne à l’individu une place dans la hiérarchie des générations et au sein de la société. »
Les liens de filiation peuvent être abordés de plusieurs points de vue : biologique, anthropologique, juridique, psychologique, et médical.
La famille humaine qui commence, comme dans le règne animal, par une jonction biologique s’élève jusqu’à la substitution à cette jonction de l’institution sociale. Tel est le cas dans l’adoption.
« Les instances culturelles dominent les naturelles. »
Les modes d’organisation de la structure familiale sont soutenus par des lois. Le mode de structuration de la famille, la notion de descendants, les liens familiaux et le mariage sont le résultat des lois de l’héritage. La famille humaine constitue une institution en elle-même.
Les liens de filiation sont toujours déterminés par des règles d’alliance, qui reposent sur un système d’interdiction et d’autorisation.
Françoise Hurstel et Benjamin Jacobi écrivent que la filiation est ce qui règle, pour chaque sujet, son inscription dans la différence des générations et dans celle des sexes. Elle produit pour lui une place généalogique et deux lignées, paternelle et maternelle. Au cœur de l’institution familiale, la filiation est la référence symbolique qui garantit l’interdit de l’inceste. La référence symbolique de l’interdit de l’inceste est traduite par notre Code civil qui distingue trois modes de filiation juridique : a) la filiation légitime. Il s’agit de l’enfant qui vient au monde dans un couple de parents mariés ; b) la filiation naturelle. Il s’agit de l’enfant qui est issu d’un couple de parents qui ne sont pas mariés ou qui ne peuvent pas se marier, comme dans le cas d’un enfant incestueux ; c) la filiation adoptive.
Par la suite, nous allons appréhender la notion de la filiation symbolique à travers les études de Sigmund Freud et de Jacques Lacan.

La filiation selon la théorie freudienne

La notion de la filiation symbolique est abordée par Sigmund Freud à travers le complexe d’Œdipe et le mythe du Totem et Tabou.
Freud a fondé le concept d’Œdipe en s’inspirant de la tragédie de Sophocle Œdipe Roi qui se réfère à un enfant abandonné, adopté, qui cherchait ses racines. Pour fuir de son destin, il devient parricide et incestueux. Freud, en prenant compte de l’existence de l’inconscient, a utilisé ce mythe pour interpréter les rapports familiaux.
Le complexe d’Œdipe interprète les relations triangulaires Mère – Père – Enfant.
Quelles sont ces relations, qui marquent cette triangulation ?
C’est l’amour de l’enfant envers le parent du sexe opposé et les désirs inconscients de meurtre du père, c’est-à-dire le parricide et l’inceste.
L’apport du complexe d’Œdipe est l’acquisition de l’identité sexuelle de l’enfant.
Une ambivalence profonde d’amour et de haine est en effet repérable : le garçon aime aussi son rival (le père), la fille reste profondément attachée à la mère qu’elle souhaite cependant supplanter aux yeux du père, dont elle désire un enfant imaginaire.


L’identification du garçon au père lui permet de trouver son identité sexuelle et de sortir du sentiment de culpabilité ainsi que de la crainte de la castration. Il ne s’agit que de castration symbolique, qui est imposée par le père Symbolique.
La fille, une fois qu’elle s’aperçoit du manque du pénis, est attirée par le père et rentre dans le complexe d’Œdipe. De cette façon, elle s’identifie à la mère et au sexe féminin.
Ainsi la fille entre-t-elle dans le complexe d’Œdipe en acceptant sa castration, et elle cherche à satisfaire sa jouissance, à l’opposé du garçon qui entre dans l’Œdipe par la jouissance de l’inceste et sort par la crainte de la castration.
Cette castration symbolique est imposée par le père symbolique.
Pour soutenir ces rapports œdipiens qui se déroulent dans la famille, S. Freud va creuser aux racines de l’humanité en inventant le mythe du Totem et Tabou .
Le mythe de la horde primitive – sur lequel est fondée toute la théorie psychanalytique – raconte qu’il existait un Père Primitif qui était un père tyrannique, tout-puissant, qui voulait toutes les femmes pour lui-même.
Les sentiments des fils envers le père étaient contradictoires. Ils le haïssaient et l’aimaient en même temps. Ils l’admiraient et ils en étaient jaloux. Un jour, les fils s’associèrent, créèrent une bande fraternelle et assassinèrent le père tyrannique. Puis ils le mangèrent lors d’un repas totémique, voulant incorporer sa puissance et s’identifier à lui. Mais cet acte provoqua un sentiment de culpabilité. La loi du père mort devint encore plus puissante après sa mort. « Le mort devenait plus puissant qu’il ne l’avait jamais été de son vivant » . Le père mort, celui qui n’est pas castré constitue le porteur de la Loi de l’interdit de l’inceste pour chaque humain.
La bande fraternelle fut alors soumise à la loi du Père Primitif par une « obéissance rétrospective ». À cause de sentiments de culpabilité, elle tenta un genre de compromis en fabriquant un contrat. C’est «un contrat conclu avec le père, contrat par lequel celui-ci promettait tout ce que l’imagination infantile pouvait attendre de lui […] contre l’engagement qu’on prenait envers lui de respecter sa vie. »
Donc, le premier contrat est un contrat qui concerne une situation familiale et qui se transmet à travers les générations. Ce contrat est une loi qui s’exprime par le Père Symbolique et qui contient deux interdictions : celle du parricide et celle de l’inceste.

La filiation selon Lacan

Nous avons vu précédemment que le complexe d'Œdipe désigne le Père comme représentant de la Loi inscrite dans le sujet en tant que Loi inconsciente.
On peut dire que la théorie de Lacan complète celle de Freud en ce sens qu'elle détermine les modalités d'inscription de la Loi dans le sujet.
Une première approche est donnée par Lacan en 1938 dans Les complexes familiaux, qui sera bientôt affinée à travers l’expression de Métaphore paternelle ou, autrement dit, la notion du Nom-du-Père.
La famille humaine, écrit Lacan, est une institution.
La famille comme institution joue un rôle primordial de transmission de civilisation et de culture. À travers la famille sont protégées et se transmettent les coutumes, les règles et la langue. Ainsi s’établit le développement psychique qui sous-tend le support des motions. Ces transmissions franchissent les limites de la conscience.
Lacan aborde la famille par le terme ancien d’imago .
Philippe La Sagna, étudiant le texte de Lacan, note sur cette notion : « La famille réalise un nouage de l’imaginaire et du symbolique : c’est ça une imago » .
C’est sur la notion d’imago que Lacan a bâti sa première théorie de l’imaginaire, qui deviendra la topique du Réel, Imaginaire, Symbolique.
Dans son Séminaire sur La relation d’objet, Lacan pose la question : « Qu’est-ce que c’est qu’être un père ? » , et fait la distinction entre père réel, père symbolique et père imaginaire.
Le père réel est le père physique ou son substitut. En psychanalyse, il est « considéré comme un élément constant de ce que l’on appelle de nos jours l’entourage de l’enfant ».
Le père imaginaire est plus près de l’imago paternelle, c’est-à-dire d’une représentation intersubjective de relation réelle ou fantasmatique avec les figures familiales.
Pour J. Lacan, le père imaginaire « c’est le père effrayant que nous connaissons au fond de tant d’expériences névrotiques, et qui n’a aucunement de façon obligée, de relation avec le père réel de l’enfant. Nous voyons fréquemment intervenir dans les fantasmes de l’enfant.» Comme dans le cas du roman familial.
Le père symbolique est celui qui pose la Loi et qui apparaît dans la castration symbolique. Mais le père symbolique ne se présente à l’enfant comme un père castrateur que dans la mesure où l’enfant l’investit comme un père donateur vis-à-vis de la mère.
Le père symbolique est le père primitif que Freud a introduit dans le mythe du Totem et Tabou : c’est le père mort. Le père symbolique est une figure qui n’existe pas mais c’est lui qui intervient dans le complexe d’Œdipe. C’est « le seul qui pourrait répondre absolument à la position du père en tant qu’il est le père symbolique. »
Le père symbolique est une instance qui apporte à l’enfant « la frustration du sein, la langue et le nom. » Mais la place de ce père est «réservée» par la parole de la mère.
La fonction du père symbolique est celle du Nom-du-Père.
Dans le séminaire sur Les formations de l’inconscient, J. Lacan affirme que « toute la question est de savoir ce qu’il est (le père) dans le complexe d’Œdipe » . Parce que la fonction du père ne se situe qu’à travers l’Œdipe et il n’a rien à voir avec le père réel du sujet, non plus qu’avec le père imaginaire, mais avec le père symbolique.
La métaphore paternelle est la substitution au signifiant maternel du signifiant paternel : « Le père vient à la place de la mère » . Le père est une métaphore. La métaphore du premier signifiant qui est la mère.
C’est par cette «substitution» de la métaphore paternelle que l’enfant se sépare de la mère et entre dans le monde symbolique.
Ce qui est important dans cette substitution, c’est le signifié énigmatique x. L’enfant s’interroge sur la raison pour laquelle la mère « va, vient ». Que désire la mère ? Le désir de la mère est le phallus.
Le père « entre comme signifiant en possession par voie métaphorique de l’objet du désir de la mère, qui se présente sous la forme du phallus » . Un déplacement de l’objet phallique se produit alors et le père sera investi comme celui qui a le phallus.
Dans un premier temps, le sujet s’identifie au phallus, qui est l’objet du désir de la mère. Dans un deuxième temps, le père intervient comme celui qui sépare la mère de l’enfant. Enfin, dans un troisième temps, le père doit faire la preuve qu’il a le phallus et qu’il le donne à la mère.
Le désir de l’enfant est transmis à travers le désir de la mère.
Par ces trois phases, le fils pourra s’identifier au père, et la fille le désirer.
Si le père n’intervient pas entre l’enfant et la mère, il « laisse l’enfant ouvert à toutes les prises fantasmatiques. Il devient l’objet de la mère, et n’a plus de fonction que de révéler la vérité de cet objet ».
Donc, ce qui se déploie dans le complexe d’Œdipe, afin qu’un enfant s’inscrive dans le monde symbolique, c’est la notion du Nom-du-Père.
La loi du père se transmet à travers la parole de la mère pour inscrire l’enfant dans le monde symbolique.
« Le père entre en jeu comme porteur de la loi, comme interdicteur de l’objet qu’est la mère. »
La fonction essentielle du Père Symbolique est de protéger l’enfant de la psychose.





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Problématique sur le roman familial du névrosé et le délire de filiation du sujet psychotique
Filiation imaginaire
http://e-psychotherapia.blogspot.com/2010/10/filiation-imaginaire.html

Le délire de filiation
  http://e-psychotherapia.blogspot.com/2010/09/filiation.html
La différence entre névrose et psychose
http://e-psychotherapia.blogspot.com/2010/02/la-difference-entre-nevrose-et-psychose.html

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